
N o s t r o m o La
scène metal suisse peut se vanter d'une chose: les groupes réellement
connus ont tous plus ou moins marqué l'histoire. En effet, souvenez-vous
des Young Gods, Hellhammer, Coroner, Celtic Frost, Messiah et autres
Samael; des groupes qui ont plus ou moins forgé ce style et l'ont
amené vers d'autres horizons. Les CDs de Prejudice, Knut et Fragment
sont les prémices d'une scène genevoise d'un niveau largement
plus que suffisant pour pouvoir rivaliser avec les formations de l'étranger
et sortir du statut peu valorisant de «groupe local». Cependant,
peu de groupes ont réussi à atteindre ce niveau aussi
vite que Nostromo. Sur les bases d'une musique brutale et élaborée,
dans laquelle on trouve aussi bien des relents de hardcore que de death
metal ou de grindcore, ce combo genevois ayant, après une démo
déjà jouissive, réalisé avec ses concerts
de haut niveau et un 45 tours pratiquement culte sorti dans la collection
7'' de P.T.R. Entretien avec trois des membres de ce quatuor (signé
chez Snuff Records) qui est voué à faire parler de lui,
et pas en mal.Pouvez-vous nous présenter les membres du groupe,
ainsi qu'en faire un petit historique?
Maik (batteur): «Il y a Javier au chant, Jérôme à
la guitare, Taverne à la basse, et moi à la batterie.
Pour situer le début de Nostromo, tout est parti du split des
Bandarlogs où jouaient Javier et Jérôme. Puis Jérôme
m'a demandé de faire un truc avec lui; cela s'est passé
il y a une année et demi. A la base, il faut préciser
qu'il y avait un deuxième chanteur. On avait la même vision
du truc, alors on a décidé de faire quelque chose ensemble.»Pour
ce qui est de votre présent, on doit bien évidemment aborder
votre 45 tours ; qu'en pensez-vous?
Javier (chant): «Les deux morceaux du 45 tours ont été
enregistrés chez notre batteur, par Thierry Van Osselt (bassiste
de Knut) qui a reçu un coup de main de la part de David Weber
(Studio des Forces Motrices). La fourre, reprenant le logo du groupe
a été réalisée par Cedric Charret. Pour
ce qui est des morceaux, je pense qu'ils sont la synthèse de
Nostromo actuellement.»
Taverne (basse): «Il faut dire que ce sont les derniers morceaux
que nous avons composé, et ils sont certainement les plus aboutis
et les mieux structurés.»Par rapport à la démo
il semble que les influences sont moins présentes?
Maik: «La démo a certainement un son très différent
de notre galette. Mais pour ce qui est des influences, je ne crois pas
que l'on puisse réellement citer un truc en particulier. La différence
à l'écoute doit venir d'un meilleur son et d'une meilleure
technique.»On constate que vous êtes un groupe qui amène
pas mal de monde en concert. Savez-vous pourquoi?
Maik: «Ça fait plaisir, c'est sûr. Mais on ne sait
pas de quoi ça vient, et on a quand même déjà
joué devant un très petit public.»
Javier: «Notre musique est un mélange entre des idées
grind, death, HxC. Mais cela sonne à notre manière. Comme
nous sommes les premiers à vraiment faire dans ce style à
Genève, les gens se déplacent pour écouter ce qu'ils
ne voient pas souvent en concert.»Pensez-vous être un groupe
technique?
Taverne: «On est pas au sommet ; mais Jérome nous a certainement
fait progresser parce qu'il nous demande de bosser sur plein de choses
qu'il veut insérer dans les compos.»
Maik: «S'il a une idée, on doit la faire. Sinon le morceau
tombe, parce que l'on ne peut pas suivre. Par contre, pour ce qui est
de la technique pure, je dirai que nous n'en faisons pas une fixation
puisque nous n'avons pas de solos. On préfère avoir un
truc compact, qui part en avant, plutôt que de casser avec des
solos. On ne cherche pas à mettre un instrument particulier en
avant.»Pensez-vous que l'on puisse parler d'une scène à
Genève?
Javier: «En un certain sens, il y a une petite scène ; mais
pas de la manière que l'on pourrait s'imaginer. Ce n'est pas
une scène unie par le style musical qu'elle pratique, mais plutôt
par les liens entre différents groupes, vu que l'on se connaît
tous.»
Maik: «Le fait que certains groupes écoutent les mêmes
trucs, et qu'en plus on écoute les disques de groupes locaux
(Knut, Fragment), on pourrait imaginer que nos musiques se rapprochent
les unes des autres, mais ce n'est pas du tout sûr.»Et quel
est votre avis général sur la situation à Genève
?
Taverne: «A Genève, c'est un peu la course à l'armement.
Tout le monde a du gros matos; parce qu'ici on est dans un bled riche.
Donc, ça ne pose pas de problème.»
Javier: «La ville est petite, donc tout le monde se connaît
depuis un bon moment. Et quand je vois certains groupes (Prejudice,
Knut, ...), je me dis que le niveau d'ensemble devient intéressant.
Des trucs plus aboutis sont joués par des gens qui ont trouvé
leur voie musicale.»
Maik: «Moi, je pense qu'on a quand même pas mal de chance.
On dit qu'il y a peu de sonorisateurs, ce qui est vrai. Mais j'ai entendu
des morceaux avec un son pourri mis sur des galettes. Ce que je n'oserais
pas faire. Et comme on arrive à trouver des gens qui connaissent
les sons dans notre genre, on ne peut pas trop se plaindre.»Pour
ceux qui n'en auraient pas entendu parler, pouvez-vous nous parler de
l'Attila Tour?
Javier: «Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose de concret. Mais
l'idée est venue en constatant que nous n'avons rien à
envier à certains groupes étrangers qui tournent. Alors,
nous nous sommes dit (Nostromo, Knut, Fragment) que nous pourrions tenter
notre chance et sortir de Genève pour trouver des dates les trois
ensemble.»Un petit truc à ajouter avant la fin ?
Maik: «Tuez les chiens! Tuez les chiens, et faut que ça
chie.»
Sébastien
PUIATTI K
